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Notes vagabondes

  • Thomas de Pourquery Supersonic : Back to the Moon

    thomas de pourqueryC’est le troisième périple pour Thomas de Pourquery et son équipage supersonique. Après avoir voyagé au cœur de la musique ô combien céleste et singulière de Sun Ra, puis mis le cap en direction d’un amour lui-même très spatial (Sons of Love), le saxophoniste chanteur, personnage haut en couleurs et maître de cérémonie d’un jazz à la fois débridé et heureux, revient pour nous embarquer, cette fois en direction de la Lune. Ce n’est pas lui faire injure que de souligner le plaisir de se retrouver – même si l’expression peut sembler ici étrange – en terrain connu. Tous ces élans, tous ces chants, tous ces appels lancés, toute cette force d’évocation… on les connaissait déjà et c’est bien eux qu’on attendait au moment de découvrir cette musique décidément heureuse. Comment ne pas vibrer à la verve collective qui s’empare de six musiciens dont on sait par ailleurs la capacité à transporter un public ? J’en ai personnellement été le témoin privilégié lors des derniers passages du groupe à Nancy Jazz Pulsations, en 2014 et 2017. Et je compte bien sur l’édition 2021 du festival pour recharger mes batteries en vue d’une prochaine expédition avec eux.

    Back to the Moon, dont on pressent que la composition titre pourrait être le prétexte à faire chanter le public lors des concerts, est de ces disques ouverts à bien des vents – comment s’en étonner d’ailleurs quand on sait que le groupe explore les grands espaces ? – dont les rêves sont aussi parfois ceux d’une musique aux couleurs plus pop que jazz (« I Gotta Dream » et son beat obstiné mis en couleurs par le synthétiseur presque vintage d’Arnaud Roulin). Parfois le temps est comme suspendu, c’est d’apesanteur qu’il est alors question (« Jungle »). On frissonne à des instants nostalgiques, presque désuets (les trois courtes séquences « Lullaby »), on croise d’improbables fanfares qui seraient descendues d’une planète visitée à l’occasion d’un vieux film de science-fiction (« Venusian Boys »). L’énergie ruisselle tout au long de ce disque (le blues latent de « Wolf Smile » ouvrant sur un duo saxophone alto - batterie aux accents free presque coltraniens). De Pourquery, pas tout à fait crooner mais séducteur tout de même (« Bring Me Back The Day », avec le renfort langoureux du saxophone ténor de Laurent Bardainne), émeut quand il chante « Yes Yes Yes Yes ». Le collectif est très uni, au point qu’on en vient à oublier qu’on a là affaire à la crème des acteurs d’un jazz d'aujourd'hui, porteur de toute son histoire bien sûr, mais en prise directe avec une esthétique et des préoccupations très contemporaines. Le Supersonic vient nous rappeler que jouer de la musique de jazz, c’est aussi danser, et chanter ! On serait tenté d’imaginer que le très beau thème de « Joy », presque un hymne, entonné par la trompette de Fabrice Martinez, est l’enfant du confinement et du désir de se retrouver un jour, enfin libres de nos mouvements. Écoutez sa pulsion finale et le groove puissant de la rythmique formée par Edward Perraud et Frédérick Galiay, telle une machine à délivrer de la joie et de l’espoir, sans compter. Mais le jazz signifie aussi prise de conscience et ouverture à l’autre, celui ou celle qu’on ne connaît pas, ainsi qu’en témoigne une reprise – encore un hymne ! – de Caetano Veloso (« O Estrangeiro ») magnifiée par la présence de musiciens congolais : « J’ai un peu arrangé ce morceau en allant au Congo, car il y a eu deux millions de déportés congolais en Amérique du Sud et leurs enfants sont revenus au Congo avec la Rumba, ce qui fait que cette chanson de Veloso est assez symbolique de ce lien qui existe entre le Brésil, le jazz au sens large du terme et la musique congolaise. Le message de cette chanson, c’est celui de l’universalité et du bénéfice qu’il y a à rencontrer des gens qui ne nous ressemblent pas forcément ».

    Que dire de plus sinon qu’un tel voyage en direction de la Lune (ou de toute autre univers restant à découvrir) est beau autant par la simplicité de ses intentions (celles du cœur, redisons-le) que par la force naturelle de son expression. La générosité de Thomas de Pourquery et de ses co-pilotes va vous faire du bien. Beaucoup de bien ! Et ne me dites pas que vous n'aimez pas le jazz, sinon je vous promets que votre voyage dans la Lune sera un aller simple...

    Musiciens : Thomas de Pourquery (saxophone alto, chant), Laurent Bardainne (saxophone ténor), Fabrice Martinez (trompette), Arnaud Roulin (claviers), Frédérick Galiay (basse), Edward Perraud (batterie). 

    Titres : Take-Off | Joy |Back to the Moon | Jungle | Lullaby (Sunrise) | Wolf Smile | I Gotta Dream | Venusian Boys | Yes Yes Yes Yes | Lullaby (Sunbeam) | Bring Me Back The Day | O Estrangeiro | Lullaby (Starnight)

    Label : Lying Lions Productions (17 septembre 2021).

  • John Coltrane : A Love Supreme

    john coltraneCent mots pour dire l’essentiel... L'histoire veut qu’au moment de quitter son domicile pour rejoindre les studios de Rudy Van Gelder à Englewood Cliffs en ce 9 décembre 1964, John Coltrane avait en tête toute la musique qu’il allait enregistrer avec son quartet. Au sommet de son art et d’un parcours fulgurant, le saxophoniste s’apprêtait ce jour-là à écrire une page majeure de l’histoire de la musique au XXe siècle. Les quatre mouvements du brûlant A Love Supreme s’enchaînent dans un seul souffle aux accents mystiques, formant une suite marquée par sa densité et un feu intérieur ayant conservé une exceptionnelle intensité par-delà les années.

    Titres de l’album : Aknowledgement (7:42) | Resolution (7:17) | Pursuance (10:42) | Psalm (7:02)

    Musiciens : John Coltrane (saxophone ténor), McCoy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse), Elvin Jones (batterie).

    Date de parution : Janvier 1965 (Impulse!)

  • Yves Rousseau : Fragments

    yves rousseauCent mots pour dire l'essentiel... Amoureux du cinéma de Jacques Tati, de Franz Schubert comme de poésie – Léo Ferré, François Cheng –, en prise avec les éléments naturels de notre vie terrestre, Yves Rousseau sait écrire de magnifiques histoires en musique. Interprétés par un ensemble intergénérationnel, ses Fragments aux couleurs d’un jazz polychrome, parfois électrique, sont une évocation de ses amours pop-rock au temps du lycée. Ici, point de nostalgie ni même de regret d’un « monde d’avant », mais un fidèle et limpide reflet : celui de l’humanité qui habite un contrebassiste aux horizons multiples et sait toujours trouver le chemin de leur synthèse.

    Titres de l’album : Reminiscence (10:59) | Personal Computer (7:21) | Abyssal Ecosystem (5:11) | Darkness Desire (8:07) | Crying Shame (4:27) | Oat Beggars (4:24) | Winding Pathway (11:08) |Efficient Nostalgia (11:42)

    Musiciens : Géraldine Laurent (saxophone alto), Thomas Savy (clarinette basse), Jean-Louis Pommier (trombone), Csaba Palotaï (guitare), Étienne Manchon (claviers), Vincent Tortiller (batterie), Yves Rousseau (contrebasse, composition).

    Date de parution : 18 septembre 2020 (Yolk Records)

  • The Volunteered Slaves : SpaceShipOne

    the volunteered slavesDu côté de chez Citizen Jazz, publication de SpaceShip One, le cinquième volet des aventures de cette formation emmenée par le saxophoniste Olivier Temime.
    « En ces temps troubles de pandémie et de réchauffement climatique, il n’est jamais superflu de rappeler qu’une présence humaine peut aussi être symbole de générosité et de vibration positive. SpaceShipOne en est la preuve revigorante vers laquelle on peut revenir aussi souvent que nécessaire ! ».

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  • Simon Chivallon Trio : Light Blue

    Simon ChivallonDu côté de chez Citizen Jazz, publication de Light Blue, un disque enregistré par le trio du pianiste Simon Chivallon.
    « Là où son prédécesseur semblait traversé de courants forts et d’une tension constante, Light Blue exprime au contraire la sérénité, dans une sorte de décontraction heureuse qui traduit sans doute, au-delà de la maturité, le besoin mélodique qui habite le pianiste ».

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  • L'Heure du Jazz n° 21 - Émission du 3 septembre 2021

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    Au programme du mois de septembre 2021 sur Radio Déclic, une Heure du Jazz consacrée à la prochaine édition du Marly Jazz Festival, qui se tiendra du 9 au 12 septembre. Patrice Winzenrieth, son directeur, est notre invité pour en parler.

    Charlie Watts Meets The Danish Radio Big Band : « (Satis)Faction » ; El4tric : « Swang » ; Robin McKelle : « Back To Black » ; Eric Legnini : « Boda Boda » ; Sarah Lenka : « Ain't Let Nobody Turn me Around » ; Laurent Coulondre : « Looking Up » ; Marc Léonard : « Blue ».

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