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Disques - Page 3

  • John Coltrane : un temple pour une offrance

    John Coltrane - Temple University.jpgDu côté de chez Citizen Jazz, retour sur un album paru en 2014, témoignage brûlant d'un concert enregistré à la Temple University le 11 novembre 1966.
    « Offering, Live At Temple University ne résout pas le mystère Coltrane, qui restera entier et c’est tant mieux. Mais on ne peut qu’être transporté de joie en redécouvrant ces moments d’une intensité brûlante qui constituent une des dernières pièces à verser à ce dossier riche et complexe qu’est l’histoire du saxophoniste. Comme une offrande ».

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  • Collectif La Boutique : Twins

    collectif la boutique, fabrice martinezQuelque part, ailleurs, dans un univers musical où se mêleraient influences classiques et jazz, où de luxuriantes textures aux nuances impressionnistes seraient traversées d’élans improvisés, vous risquez de croiser la route d’une très belle formation, le Collectif La Boutique. On peut définir ce dernier comme l’héritier de la compagnie musicale Archimusic créée en 1993 par le saxophoniste improvisateur Jean-Remy Guédon. Ce groupe associait un quartet de jazz (saxophone, trompette, contrebasse et batterie) et un quatuor classique de bois (hautbois, clarinettes, basson). On retrouve un instrumentarium très voisin dans La Boutique, dont la direction artistique est cette fois assurée par Fabrice Martinez. Une fort bonne nouvelle, qu’on se le dise… Ce trompettiste habitué des grandes formations (Le Sacre du Tympan de Fred Pallem, l’ONJ d’Olivier Benoit, le Grand Lousadzac de Claude Tchamitchian, le Méga Octet d’Andy Emler ou encore l’orchestre de cuivres de Paris de Pierre Gillet) est également membre du détonant Supersonic de Thomas de Pourquery et complice de musiciens hors pair tels que Daniel Humair ou Marc Ducret. Et pour ma part, j’ai gardé en mémoire le quartet Chut! (avec Fred Escoffier, Bruno Chevillon et Éric Échampard) et en particulier son troisième album Rebirth que j’avais évoqué en 2016 dans une chronique buissonnière.

    Depuis 2018, La Boutique crée des projets qui vont du classique au jazz, du duo peinture-percussions au trio classique, en passant par le grand ensemble. Et voici Twins, premier projet du collectif qui s’empare tout naturellement de la musique de son inspirateur, avec un invité prestigieux en la personne de l’accordéoniste Vincent Peirani. Fabrice Martinez s’en explique : « Le Collectif La Boutique est un projet totalement nouveau pour nous. Mais les liens humains qui nous unissent datent pour certains d’entre nous de plus de vingt ans, et c’est autour de la musique de Jean-Remy Guédon qu’ils se sont construits. Pour Twins, il me semblait fondamental d’incarner une rupture artistique, tout en assumant une forme d’héritage. J’ai fait une plongée abyssale dans l’œuvre du compositeur. J’y ai repêché des perles, les compositions qui me touchent le plus. J’ai voulu les dépoussiérer et en proposer une vision et une écoute toute nouvelle. Dans un grand nombre de pièces, la voix occupe une place centrale. À l’inverse, j’ai eu envie d’un instrumentiste dans le rôle de la chanteuse. Quelqu’un capable de faire le grand écart du jazz au classique. Vincent Peirani m’est apparu comme une évidence. Il peut faire chanter son accordéon comme peu de gens et il a une immense musicalité ».

    Twins est de ces disques dont on se dit que leur richesse mélodique est telle que la musique semble couler avec la fluidité de l’eau claire entre les doigts. Les orchestrations définissent une sorte de « jazz de chambre » d’une grande élégance. Les couleurs orchestrales dessinent un écrin luxueux pour chacune des interventions des solistes (Nicolas Fargeix à la clarinette, Clément Duthoit au saxophone et Fabrice Martinez lui-même). La « voix » de Vincent Peirani rehausse l’ensemble, fournit profondeur et lumière, elle vient s’immiscer au cœur des bois, irradiant parfois l’ensemble de ses zébrures métalliques. De son côté, la rythmique formée par Yves Rousseau (contrebasse) et David Pouradier Duteil (batterie) avance avec la force tranquille des musiciens parvenus au stade de l’épanouissement. Écoutez, s'il fallait vous convaincre en cinq minutes seulement, tout ce beau monde en état de grâce dans l'ultime composition de l'album, « Spaciba ». C’est du grand art, assurément, la possible bande-son d’un film dont le premier rôle serait tenu par la vie elle-même. Une partition heureuse, alliant « L’intelligence » et « L’imagination ».

    Les musiciens : Yves Rousseau : contrebasse | Vincent Arnoult : hautbois | David Pouradier Duteil : batterie | Nicolas Fargeix : clarinette | Anaïs Reyes : basson | Fabrice Martinez : trompette | Emmanuelle Brunat : clarinette basse | Clément Duthoit : saxophone | Jean Rémy Guédon : composition | Vincent Peirani : accordéon.

    Titres : L’intelligence | Parfum | La nature universelle | Peur et religion | L’imagination | Parrain | Lois et passions | Darkniet | Avis aux vieux | Parméric | Spaciba.

    Label : Collectif La Boutique