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Radio Déclic, « L’Heure du Jazz »

  • L'heure du jazz n° 10 - Émission d'octobre 2020

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    Au programme du mois sur Radio Déclic, une émission consacrée à quelques musicien.ne.s à l'affiche de Nancy Jazz Pulsations : Bireli Lagrene & le Multiquarium Big Band : « Introduction / Used To Be A Cha Cha » ; Laurent Coulondre : « Looking Up » ; Sophie Alour : « Joy » ; Sélène Saint-Aimé : « Mare Undarum Part II » ; Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce : « Apaches » ; Léon Phal Quintet : « Autumn in Ay »; Shootin' Chestnuts : « Joe ».

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  • Minvielle & Papanosh : Prévert Parade

    papnosh, andré minvielleLa vie, la vie, la vie… Il en est fortement question avec ce disque qu’ont fait paraître chez Vibrant les Rouennais de Papanosh associés à « un béarnais cultivateur d’accents, un jongleur des mots, un voc’alchimiste ». J’ai nommé André Minvielle dont on n’oubliera pas la présence au sein de la compagnie Lubat, ce dernier ayant été en son temps le batteur de… Claude Nougaro. Ce même Nougaro auquel Minvielle a rendu hommage à la fin de l’année dernière au sein d’un trio très attachant formé avec Babx et Thomas de Pourquery. Et je rappelle aussi qu’André Minvielle a publié en 2016 un disque rare dont le titre peut se prononcer indifféremment « intime » ou « 1 Time ».

    Et voici venu le temps d’une association Papanosh / André Minvielle et d’une rencontre qui s’est faite lors d’une des Hestejadas – un festival – de la Compagnie Lubat de Jazzcogne à Uzeste. Quant à l’idée d’un hommage à Prévert, André Minvielle explique que tout est parti du poème « Étranges étrangers » enregistré sur 1 Time et d’une proposition faite par Eugénie, la petite-fille du poète, de poursuivre ce travail de relecture. C’était là une belle occasion de faire revivre la poésie tendre, lucide et malicieuse de Jacques Prévert.

    Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous le texte de présentation de Prévert Parade – c’est le nom de l’album – qui cite tous les poèmes qu’on peut y entendre. À vous de les retrouver :

    « On y met Les petits plats dans les grands
    Pour un Cortège de poèmes de Jacques Prévert.
    Chacun amène sa pierre à l’édifice pour la paix, pas La Guerre…
    Pendant ce temps, Les belles familles invitent L’Amiral.
    C’est Quartier libre à Alicante !
    La brouette ou les grandes inventions, tout y passe… mais…
    Un matin Rue de la Colombe
    D’Étranges étrangers entrent dans la danse :
    C’est Le Combat avec l’ange…
    Un chant lui est Destiné,
    Entre Chant Song et Séganagramme. »

    Cette Prévert Parade est réjouissante, c’est une association pleine de tendresse fougueuse, un grand jeu sur la musique et les mots. Papanosh et André Minvielle se sont trouvés. Par moments, on a même l’impression qu’ils se connaissaient de longue date et que leur disque signe des retrouvailles. La jubilation est au programme, qu’on se le dise !

    [Album présenté dans L’Heure du Jazz n° 2 du 7 février 2020]

    Musiciens : André Minvielle (chant, percussions), Raphaël Quehehen (saxophone, chant), Quentin Ghomari (trompettes, chant), Jérémie Piazza (batterie, percussions, chant), Sébastien Palis (piano, orgue, chant), Thibault Cellier (contrebasse, chant).

  • Omer Avital Qantar : New York Paradox

    omer avital qantarTraversons l’océan Atlantique pour nous rendre du côté de New York et plus précisément dans le quartier de Brooklyn, là où le contrebassiste Omer Avital s’est installé durant les années 90. Un musicien qu’on surnomme parfois le « Mingus israélien », en raison de son énergie, celle des fondamentaux du jazz qu’il ne perd jamais de vue, mais aussi parce que ses groupes se présentent comme des workshops, ces ateliers collectifs qui prennent forme et s’élaborent autant par leurs timbres que par les personnalités qui les composent.

    À Brooklyn, Omer Avital a d’abord ouvert le Smalls, puis plus récemment le Wilson Live, qui est à la fois un lieu de répétition, de rencontre, d’enregistrement, de concert et de jam sessions, ce qu’il définit comme « un foyer créatif pour les musiciens de Brooklyn ». C’est là qu’il a mis sur pieds le quintet Qantar, une formation dont la fougue prend appui non seulement sur l’énergie du contrebassiste mais également sur une alchimie humaine dans laquelle le double souffle des saxophonistes Azaf Yuria et Alexander Levin est impressionnante. À leurs côtés, Eden Ladin au piano et Ofri Neheyma à la batterie. Quatre compagnons de route, israéliens eux-aussi et, tout comme leur patron, expatriés à Brooklyn. C’est d’ailleurs à l’époque du Smalls qu’ils ont connu sa musique avec laquelle ils ont grandi avant de travailler à ses côtés.

    Après un premier album éponyme, Qantar a publié New York Paradox chez Jazz&People et Zamzama Records. Cet album a été enregistré sans coupure ni montage au mois d’avril 2019 au Wilson Live, et c’est un beau coup de cœur que je tenais à partager dans ces Notes Vagabondes. Voilà un disque gorgé de swing et de blues, dans lesquels viennent se mêler des influences orientales connectées aux racines d’Omer Avital. New York Paradox révèle non sans une certaine fierté sa musique généreuse et passionnée. Et comme le soulignent les notes du livret : « Le jazz a d’abord été un art du mouvement, une pulsation liée à la vie, à la marche des hommes, une foulée chargée tour à tour d’espérance et de joie, de mélancolie et de légèreté, autant de sentiments qui transparaissent dans la musique d’Omer Avital et nous la rendent si chère et si attachante ».

    L’écoute répétée de New York Paradox confirme pleinement ces propos.

    [Album présenté dans L’Heure du Jazz n° 4 du 3 avril 2020]

    Musiciens : Omer Avital (contrebasse), Asaf Yuria (saxophones ténor et soprano), Alexander Levin (saxophone ténor), Eden Ladin (piano), Ofri Nehemya (batterie).

  • Un Poco Loco : Ornithologie

    un poco loco, ornithologie, parker, jazzUn Poco Loco tire son nom d’une composition de Bud Powell, que le groupe avait interprétée sur son premier disque en 2014. Mais c’est avant tout un trio atypique dans sa formule instrumentale puisqu’il se compose de Fidel Fourneyron au trombone, Geoffroy Gesser au saxophone et à la clarinette et Sébastien Beliah à la contrebasse. Pas de piano, pas de guitare, pas de batterie, ce qui représente un vrai défi dans la mesure où le troisième album de ce groupe condensé, Ornithologie, publié chez Umlaut Records, est intégralement consacré à la musique de Charlie Parker. Celui qu’on surnommait Bird, en français l’oiseau, ce qui bien sûr explique le titre du disque.

    Un défi, oui, mais parfaitement relevé et de surcroît avec cette pointe de folie qu’on connaissait déjà et qui n’étonne pas le moins du monde. Souvenons-nous qu’en espagnol, Un Poco Loco signifie « un peu fou ». Rappelons aussi pour la petite histoire que ces trois-là s’étaient auparavant attaqués avec beaucoup d’aplomb à un monument de la musique américaine, la comédie musicale West Side Story, en enregistrant Feelin’ Pretty, leur second disque publié en 2016.

    Un Poco Loco, c’est une manière très savante, et en même temps pleine de jubilation, de déconstruire la musique, ou plutôt de la déjouer, de la remodeler pour la reformuler et créer la surprise. Et bien loin d’être un hommage appliqué au saxophoniste, Ornithologie fourmille d’élans, de trouvailles individuelles et collectives. C’est un témoignage exemplaire du travail accompli par une « petite » formation qui sonne finalement comme un orchestre, dans lequel chaque musicien prend plaisir à multiplier les rôles. Une célébration festive de la musique de Charlie Parker, génie du jazz dont a récemment fêté le centième anniversaire de la naissance.

    [Album présenté dans L'Heure du Jazz n° 4 du 3 avril 2020]

    Musiciens : Fidel Fourneyron (trombone), Geoffroy Gesser (saxophone ténor, clarinette), Sébastien Beliah (contrebasse).

  • Axiom Kilter

    kilter,laurent davidPour une fois, je vous invite à monter le son très fort, histoire de découvrir un trio de vilains garnements – je dis ça en toute amitié pour Laurent David que je connais bien depuis pas mal de temps – réunis sous le nom de Kilter. Cette formation surpuissante aux couleurs metal jazz publie son premier LP, Axiom Kilter, lui-même faisant suite à un EP sorti en 2018.

    Kilter est une aventure new-yorkaise emmenée par le bassiste qui vit aux États-Unis une partie de l’année. Pour mémoire, je vous rappellerai qu’on a pu l'entendre (ou l'écouter, c'est encore mieux) par le passé aux côtés de Guillaume Perret ou bien – mais ça c’était avant – d’Ibrahim Maalouf (ce que notre indulgence infinie lui pardonnera volontiers). Tout récemment, Laurent David s’est illustré aux côtés du pianiste Yvan Robilliard  et son trio YR3 pour l’album Big Rock. Un peu avant, ce fut un quatuor très inspiré incluant le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, Shijin. Ce bassiste aux longs cheveux et à la barbe fleurie est, vous l’avez compris, un musicien hyperactif, d’autant plus qu’on le retrouve à la manœuvre au sein de différentes formations qu’il dirige comme le groupe M&T@L ou The Way Things Go. Il est en outre très impliqué dans la vie de son propre label, Alter-Nativ, sur lequel paraît Axiom Kilter. Et je n’oublie pas non plus son album solo, Naked, qui a vu le jour sur le label Durance d’Alain Soler.

    À ses côtés au sein de Kilter, deux costauds : le batteur Kenny Grohowsky, entre autres compagnon de route de John Zorn, ainsi que le saxophoniste Ed Rosenberg III, fondateur du groupe de jazz métal Jersey Band. Autrement dit, et qu’on me pardonne cette expression triviale, c’est du lourd !

    Vous aurez compris que ce 33 tours tout rouge n’est pas vraiment une cure de repos, il laisse entendre une musique qui fait la part belle à un gros son virtuose et à une énergie très brute, mais magnifiquement orchestrée. À propos de gros son, notons la présence sur certains titres de Per Nilsson, guitariste du groupe de métal suédois Meshuggah et de la chanteuse suisse Andromedia Anarchia, elle-même très impliquée dans les musiques puissantes. Y a du cri dans l'air ! Mais voilà, c’est cela aussi le jazz – si tant est qu'il s'agit bien de jazz, mais quelle importance après tout ? – dans toute sa diversité et sa nature omnidirectionnelle : cette embardée vrombissante aux côtés du trio Kilter est un bel exemple de sa richesse. Et les amateurs de rock y trouveront leur compte, également. De quoi se plaint-on ?

    [Album présenté dans L’Heure du Jazz n° 8 du 7 août 2020]

    Musiciens : Ed Rosenberg III (saxophone ténor, contrebasse), Kenny Grohowsky (batterie), Laurent David (basse).

    kilter,laurent david

  • Synoptik Quartet : Passe Temps

    Synoptik_Quartet.jpgLe Synoptik Quartet est un quartet originaire de Nancy, emmené par deux jeunes musiciens : le saxophoniste (et flûtiste) Nicolas Gegout et le vibraphoniste Yragaël Unfer. Tous deux sont par ailleurs membres de l’EPO Trio sous la direction du percussionniste Guy Constant, que beaucoup de gens connaissent en Lorraine puisqu’il est un des acteurs majeurs des Enfants du Boucher, cette grande formation qu’on peut retrouver assez régulièrement dans les rues de la ville, notamment au moment des fêtes de la Saint Nicolas…

    Revenons au Synoptik : je me rappelle leur concert en première partie du Sand Quartet d’Henri Texier, lors de l’édition 2018 du festival Nancy Jazz Pulsations. Ce soir-là, le groupe avait fait montre d’une belle assurance, la complémentarité entre Nicolas Gegout et Yragaël Unfer ressemblait à une évidence, à voir comme à à entendre. On avait de plus pu noter la sensibilité et l’engagement du saxophoniste tout au long de concert.

    Le groupe a publié Passe Temps, son premier album, en autoproduction. Aux côtés des deux leaders, on trouve Julien Moneret à la contrebasse et un musicien bien connu par ailleurs, un homme du Sud qui a posé ses valises à Nancy et déjà pas mal roulé sa bosse (Ark 4, Ensemble Bernica, Tu Danses ?, Shoplifters…) : le batteur Christian Mariotto.

    Passe Temps a le charme d’une carte de visite qui déroulerait une musique tour à tour contemplative et énergique, parfois exploratoire. Et toujours très expressive. Nicolas Gegout et Yragaël Unfer se partagent les huit compositions. Leur jazz se présente dans un format assez traditionnel, mais de belle facture et je me permets de vous suggérer l’écoute du thème signé Nicolas Gegout qui ouvre le disque, « Kemissa’s Dance » et dont vous trouverez ci-dessous une version live. La belle cohésion du quartet, les accents orientaux, les interventions des deux leaders, quelques références directement Coltraniennes chez le saxophoniste, tout cela est une invitation au voyage.  Passe Temps est une promesse et le Synoptik Quartet une formation qu'on suivra avec plaisir. Sans doute lorsque ce satané virus aura décidé de nous ficher un peu la paix...

    [Album présenté dans L’Heure du Jazz n° 8 du 7 août 2020]

    Musiciens : Nicolas Gegout (saxophones ténor et soprano, flûte), Yragaël Unfer (vibraphone), Julien Moneret (contrebasse), Christian Mariotto (batterie).

  • Christophe Marguet Quartet : Happy Hours

    christophe marguet, , jazzQuelle carte de visite ! Non seulement Christophe Marguet fut durant de longues années le compagnon de route d’Henri Texier, mais ses propres formations, telle sa Résistance Poétique, ont déjà reçu de nombreuses récompenses. Le batteur évolue notamment aux côtés d’Yves Rousseau dans le quintet Spirit Dance, il a également constitué un quartet avec Sébastien Texier ; il joue en trio avec Guillaume De Chassy et Andy Sheppard ou bien encore dans le projet Looking For Parker de la saxophoniste Géraldine Laurent ; sans oublier sa collaboration en duo ou en quartet avec le saxophoniste allemand, entre autres membre du trio Das Kapital, Daniel Erdmann. Marguet est au centre d’une Constellation, par ailleurs nom d’un album magnifique dont j’avais salué les qualités il y a quelques années…

    Nous tenons donc avec lui un musicien hyperactif qui nous invite à partager les Happy Hours d’un nouveau quartet pour lequel il a réuni la contrebassiste Hélène Labarrière, le pianiste Julien Touéry et le trompettiste Yoann Loustalot. Du très beau monde, donc, pour une musique de toutes les attentions, dont la finesse mélodique puise son inspiration aussi bien dans le jazz que la musique classique, le rock ou la chanson. Il faut dire que ces quatre-là sont connus pour leurs appétits multicolores. L’ensemble ainsi formé est d’un lyrisme profond, il y a ici quelque chose qui s’apparente à de la joie, mais une joie consciente et altruiste, aussi bien par son interprétation d’une grande sensibilité que par une démarche collective empreinte d’humanisme.

    On ne peut qu’être touché par ce qui motive Christophe Marguet : « Par ces temps troublés, nous nous devons de tenter de véhiculer un peu d’espoir et de bonheur, de transmettre ce qui nous anime, nous donne à vivre. Nous avons très envie de partager avec vous ces moments furtifs, ces instants de joie, ces heures heureuses, indispensables à nos existences, moteur et raison d’être, de vivre et d’aimer ». C’est à se demander si Christophe Marguet, qui résume ainsi parfaitement l’idée de ses Happy Hours, ne tenait pas là des propos prémonitoires, peu de temps avant la pandémie et notre long confinement… Voilà un disque qu’on recommandera donc très chaudement.

    Pour terminer, précisons que plusieurs des dix compositions de cet album publié sur le label Mélodie en sous-sol sont dédiées à des musiciens essentiels dans le cheminement de Christophe Marguet : Eddy Louiss, Don Cherry ou Paul Motian, qui est pour lui une « référence permanente ». Christophe Marguet prouve ainsi qu’il est un musicien de « Haute-Fidélité », titre d’une composition de l’album dédié à ce grand batteur qui nous a quittés à la fin de l’année 2011.

    [Album présenté dans L'Heure du Jazz n° 4 du 3 avril 2020]

    Musiciens : Christophe Marguet (batterie), Julien Touéry (piano), Hélène Labarrière (contrebasse), Yoann Loustalot (trompette, bugle).

  • Franck Tortiller & Misja Fitzgerald-Michel : Les Heures Propices

    franck tortiller,misja fitzgerald-michel,les heures propices,vibraphone,guitareVibraphone, encore et encore. Après celui de Pascal Schumacher et son album SOL récemment évoqué par ici, voici cet instrument aux couleurs tout autant mélodiques que rythmiques mis à l’honneur dans le cadre d’un duo (et non plus d’un solo) composé de Franck Tortiller, l’un de ses éminents spécialistes, et du guitariste Misja Fitzgerald-Michel. Leur disque, publié sur le label MCO – pour Musiques à Ciel Ouvert – s’intitule Les heures propices, un titre inspiré par Alphonse de Lamartine :

    « Ô temps ! Suspends ton vol et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours »

    Les deux musiciens ont choisi de jouer en direct, sans filet, sans amplification, dans le but de retrouver le son naturel de leurs instruments et de s’exprimer pleinement, avec la complicité de l’ingénieur du son Ludovic Lanen. Ils sont voulu aussi, citons-les : « pratiquer une certaine forme de lenteur, de dépouillement, prendre le temps des notes et du silence, jouer avec la pulsation du souffle, expirer, inspirer, donner cette énergie du duo qui nous rassemble et nous ressemble ». Il est souvent question de vin dans cette belle histoire – normal, on sait que Franck Tortiller, ancien directeur de l’ONJ, est bourguignon et amateur de grands crus : « Clos des Corvées », « Musigny » ou encore « In Vino », pour citer quelques titres. Sachez par ailleurs que Bob Marley est aussi de la fête pour une reprise de « Redemption Song ».

    Ces deux musiciens ne m’en voudront pas, je l’espère, de parler de délicatesse au sujet de leurs Heures propices. C’est un mot que j’emploie à dessein, parce qu’il inclut l’idée d’une écoute réciproque, de cette attention à l’autre qui en font bien plus qu’un simple dialogue ou une énième conversation. Ce beau disque est une invitation lancée à tous celles et ceux qui, dans ce monde trouble et porteur de mille inquiétudes, peuvent ressentir un jour ou l’autre le besoin de se ressourcer au cœur d’une bulle poétique. Une douce alternative, en quelque sorte…

    [Album présenté dans L'Heure du Jazz n° 7 du 10 juillet 2020]

    Musiciens : Franck Tortiller (vibraphone) ; Misja Fitzgerald-Michel (guitare 6 ou 12 cordes).

  • Pascal Schumacher : SOL

    Pascal_Schumacher_SOL.jpgAprès différentes expériences en groupe, le vibraphoniste Pascal Schumacher a désiré tenter une nouvelle aventure, mais en solitaire cette fois, une expérience qu’il présente lui-même comme une nécessité. « Dans ces moments-là, tu peux être entièrement créatif, tout est permis, tu n’as pas besoin de te cantonner à ce qui est écrit ou joué à l’avance… Ce sont des moments que j’ai toujours adorés ». Le Luxembourgeois a pu se produire seul au Festival de Salzbourg en 2018 : « Durant ces concerts, je me suis senti plus libre que je ne l’avais jamais été auparavant ».

    Suite logique de cette nouvelle expérience de laquelle Pascal Schumacher est ressorti comme ensorcelé, un disque enchanteur dont le titre parle de lui-même : SOL, qui a vu le jour sur le label Neue Meister. SOL est, comme on peut le supposer, un disque de l’intime mais surtout, il est l’occasion privilégiée de découvrir, s’il en était besoin, la dimension onirique, pour ne pas dire magique de la sonorité du vibraphone. Et voilà un recueil qui déroule une musique de l’isolement presque prémonitoire si l’on songe à cette étrange période de confinement que nous avons traversée au printemps dernier.

    Au programme, quatorze compositions à découvrir dans la sérénité. Elles sont signées de Pascal Schumacher, à l’exception de deux reprises : celle de « Tearjerker » de Ryiuichi Sakamoto et « Tubular Bells » de Mike Oldfield.

    [Album présenté dans L'Heure du Jazz n° 7 du 10 juillet 2020]

    Pascal SCHUMACHER (vibraphone, glockenspiel, cloches tubulaires).